Mais qu'est-ce?

Histoire histrionique est un blog avec lequel j’aborde diverses anecdotes historiques d’une façon… D’une certaine façon en tout cas. En général, les faits présentés devraient être véritables. En revanche, j'hésiterais à utiliser ce blog comme référence pour votre thèse.

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24.5.09

La fête de Dollard Victoria le Patriote

Avant de commencer, je voudrais préciser qu'il est maintenant possible pour tout le monde de laisser des commentaires sur ce site (même anonymement, sans vous inscrire). De plus, si vous regardez à la droite de cet article, vous verrez un nouveau sondage... Alors débutons.

En essayant d’utiliser un peu l’actualité pour choisir un sujet historique, je me suis dit que le congé de lundi dernier était une opportunité… Par contre, on ne sait plus trop ce qu’on fête au juste en ce dernier lundi avant le 24 mai. Est-ce qu’on fête le courage de Dollard, les patriotes du Québec ou la reine Victoria?

On peut oublier Dollard tout de suite quant à moi. Sérieusement, je crois que cette histoire est vraiment exagérée et a été utilisée à des fins plus ou moins respectables. D’après l’histoire populaire, Dollard des Ormeaux a protégé Montréal d’une attaque iroquoise imminente avec une poignée d’hommes et s’est sacrifié lors de l’explosion d’un baril de poudre. En vérité, on ne sait plus trop pourquoi Dollard s’est retrouvé à Long Sault (lieu de la bataille) et on n’est plus certain de l’intention des Iroquois qui l’ont pris en embuscade. Bref, il y a comme un décalage entre les incertitudes qu’on a à propos de cette histoire, et la quantité de monuments et de festivités en l’honneur de Dollard…

Si Dollard est un héros national, c’est probablement, encore une fois, à cause de l’Église catholique et des politiciens. Un peu en manque de héros, les Canadiens-Français avaient besoin d’images et d’icônes pour se faire convaincre de plein de choses. On peut penser aux deux guerres mondiales; les Québécois ont toujours été les plus opposés à la conscription au Canada… On s’est servi du mythe de Dollard pour essayer de les convaincre. Ils sont toujours demeurés très rébarbatifs…

Il y a aussi la reine Victoria. Reine du Royaume-Uni ayant vécu entre 1819 et 1901. Ah Victoria, la plus belle des reines.

Ah Victoria, vous ne ressemblez en rien à un pitbull. Vous avez des traits définis comme une statue de l’Île de Pâques. Même en peinture, vous avez ce petit je-ne-sais-quoi, cet air de «mon sac de colonoscopie est-il toujours en place?». Votre menton… brille… par son absence… Vous avez tant de gras… de grâce, je veux dire de grâce.

Quand même, c’est à partir de son règne que le rôle du roi ou de la reine dans la monarchie britannique a changé. Elle a beaucoup déplacé le système de gouvernement d’une monarchie absolue vers une monarchie constitutionnelle et parlementaire. On pourrait résumer le changement de rôle du monarque ainsi:


Bref, en tant que Québécois, on devrait avoir une relation amour-haine avec la reine Victoria. Dans un sens, aujourd’hui, on peut la remercier pour le fait qu’on peut rire en pleine face de la reine et de son institution archaïque et déconnectée. Dans l’autre, elle demeure un autre de ces monarques Britanniques avec lesquels nous ne nous sentons pas vraiment très proches, disons...

Deux faits divers sur Victoria:

1) Elle a eu pas mal de marmaille avec son époux le prince Albert… Elle le trouvait pas mal de son goût disons. En passant, savez-vous ce qu’est un piercing de style «Prince Albert»? Si vous voulez vraiment le savoir, allez voir par vous-même avec Google, parce que moi, ça ne me tente pas d’aller voir en ce moment (faites-le pas au travail!)… Pour en revenir aux enfants de Victo, l’une d’entre elles a fini par se marier à un gouverneur général du Canada. Cette fille était Louise Alberta. De son vivant, elle a légué son nom à la province canadienne pour honorer son père le prince Albert. Le lac Louise est aussi nommé en l’honneur cette dame…

2) Reine Victoria aimait beaucoup l’Irlande. N’oubliez pas que les relations entre l’Irlande et l’Angleterre n’ont pas toujours été bonnes… Les Irlandais étant catholiques, etc. D’ailleurs, beaucoup de Québécois ont des racines irlandaises (John Charest mon chumé je regarde dans ta direction là!). Une autre raison valable pour aimer Victoria direz vous? Et bien Victoria aimait tellement l’Irlande qu’elle a envoyé 2000 livres (monnaie) de sa poche à l’Irlande lorsque celle-ci a été frappée par la famine due à la maladie de la pomme de terre (allez à Grosse-Île si vous voulez en apprendre là-dessus). Le sultan de l’Empire ottoman a voulu envoyer l’équivalent de 10,000 livres pour aider les Irlandais… Victoria aimait beaucoup l’Irlande, mais pas au point de se faire «upstager» quand même. Elle a ordonné de ne pas accepter cette aide. Pas question d’avoir l’air cheap à côté des Ottomans, woh minute… Victo, t’envoie comme un «mixed message». C’est pas clair là.

J'aime de moins en moins ta face...

Maintenant, en mai, on fête les patriotes. Merveilleux. Rien à dire sur ce sujet pour l’instant. Peut-être plus tard… En tout cas, c’est mieux que Dollard c’est certain. Surtout que Dollard, dit en anglais, sonne un peu comme une insulte. N’oubliez pas que pour la monnaie, dollar ne prend pas de D (ni en français, ni en anglais). «Dollard», en anglais ça a déjà voulu dire «stupide», du fait que «doll» veut dire «catin» ou «poupée»…

Peut-être aurait-on pu choisir un patriote en particulier? Louis-Joseph Papineau, et sa tête que toutes les choses simples ne nécessitent pas, aurait été une bonne idée je trouve (la fête à Papineau! Oh yeah!). En plus, L-J Papineau avait la meilleure coupe de cheveux en ville. Honnêtement, aucun homme n’a plus de broue dans le toupette que lui.

Ceci conclut mon premier pot-pourri sur le thème de la fête des patriotes de dollard de la reine.

18.2.09

250e de la bataille des plaines d’Abraham

Ceci sera une courte chronique. Je dois aborder le sujet de la reconstitution de la bataille des plaines d’Abraham, car c’est assez rare que l’Histoire fasse la manchette. En gros, c’était un événement organisé par la Commission des champs de bataille (un organisme fédéral) et qui devait rassembler des centaines de figurants bénévoles qui se passionnent pour l’Histoire, font leurs propres costumes, et viennent de partout en Amérique du Nord. Ces gens se promènent souvent pour reconstituer diverses batailles. Ça n’allait pas être leur première.

Le but était de souligner le 250ème de la bataille des plaines d’Abraham. Vous n’avez sûrement pas besoin de vous faire dire que ce fût une bataille clé dans notre Histoire et qu’elle est venue mettre le clou dans le cercueil de la colonie française en Amérique du Nord. Le fait est qu’en 2009, une poignée d’imbéciles s’est vue offensée par l’événement. Je n’en reviens simplement pas. Quel espèce de peureux n’est pas capable de se regarder dans le miroir en se disant «les Français ont perdu une guerre au 18e siècle»? Quel espèce de parano croit que les anglophones aiment l’idée d’organiser cet événement parce que «ça frustre les souverainistes»?

Premièrement, nous ne sommes pas Français, d’ailleurs, nous ne serions pas NOUS si cet événement n’avait pas eu lieu (sérieusement, regardez les décors rose fluo et bleu pastel des shows de variétés Français et vous comprendrez (ha!)). Ensuite, à mon avis, la victoire des Anglais était inévitable, que ce soit en 1759 ou 40 ans plus tard. N’oubliez pas que la Nouvelle-France était pas mal moins bien organisée que la colonie anglaise et n’avait pas vraiment d’avenir. Aussi, Les Français auraient pu choisir de garder le Québec après leur défaite et ils ont choisi la Guadeloupe. Bref, c’est l’Histoire. Acceptez la, et même plus, sautez dedans et célébrez la! Ça serait vraiment ironique qu’un des imbéciles paranos ait un ancêtre décédé à la bataille en question. Je crois qu’il aimerait bien qu’on se souvienne de lui. Je ne fais vraiment pas confiance à quelqu’un qui se sent heurté par son Histoire.

Ceci étant dit, j’ai mes réserves. Le cœur du problème provient du fait qu’on a laissé un organisme fédéral s’occuper de tout. Mais sur ce point, le Québec partage la responsabilité. Je crois que l’événement aurait dû être accepté à bras ouvert par une panoplie d’organismes québécois et que ces derniers auraient dû s’imposer à fond. Ceci aurait démontré une certaine maturité, il me semble. Au lieu de cela, nous laissons la parole à une dizaine de frustrés incohérents et nous avons encore l’air attardés. Une autre fois, en dehors du Québec, les indépendantistes ont l’air de vouloir un état souverain pour les mauvaises raisons (rancunes ancestrales).

Bref, nous sommes tous perdants. Encore une fois, le «Je me souviens» se prend une mornifle sur le bord de la gueule. Nous avons probablement le plus beau «slogan» officiel au monde, et on s’amuse à cracher dessus comme des ignares.


PS : Vous remarquerez que j’ai ajouté un lien pour suivre mon blog, à droite. De plus, je devrais vous revenir rapidement avec un article plus traditionnel et moins «éditorial». Je songe aussi à ajouter une section «sondage» où vous pourrez choisir le sujet de ma prochaine chronique… Parfois j’hésite.

5.2.09

Canayen d'origine franco-québécoise française

Avouez que vous vous êtes tous déjà demandé «Mais diantre, qu’arriverait-il du Canadien de Montréal si le Québec devenait souverain!?». Ne vous êtes pas déjà sentis étranges lorsqu’un Français vous a abordé en vous disant «ah un Canadien!»?

L’an dernier, nous avons eu droit à la commission Bouchard-Taylor. Pour ceux qui auraient peut-être oublié de quoi on parle ici, rappelons que cette commission a été lancée dans la foulée de la publication de nouveaux règlements municipaux à Hérouxville, incluant des choses comme «Je ne lapiderai pas de gais ou de femmes adultérasses». Vous savez, au cas où un immigrant à foulard se déciderait à s’adonner à ces activités palpitantes.

Hérouxville

Bref, la commission Bouchard-Taylor avait comme but de s’autorassurer sur nos qualités de Québécois pures laines; «on est accueillant pis on est pas racisses!». À première vue, il semble que ce fut un échec lamentable, probablement parce que si on introduit un néo-nazi ignorant belliqueux dans la salle, il va «voler le show» aux 99 autres participants constructifs. Vive TQS. En vérité, je crois que la commission a été assez constructive, mais avouons qu’elle sombre déjà dans l’oubli et se retrouve dans la pile grandissante de «stunts exagérés médiatico-politiques en réponse à un pseudovent de panique créé par deux personnes».


Mais là n’est pas mon sujet (je divague encore). Ce qui m’a le plus marqué de cette commission, c’est l’espèce de débat sur l’appellation «Québécois d’origine canadienne-française». Je ne crois pas avoir rêvé le fait que des groupes de souverainistes se sont rapidement insurgés contre ce mot, en soulignant le fait que ça fait maintenant 50 ou 60 ans que nous nous considérons Québécois avant tout. Ils ne veulent absolument pas se voir grouper avec des Français, ou des Canadiens; ils se sauvent de tout ce qui est rouge et arbore une feuille d’érable.

Bon, premièrement, il faudrait souligner la situation délicate de la personne en charge de rédiger le rapport. Si on n’est pas racistes, il faut bien que le mot Québécois puisse inclure tout le monde. Donc lorsqu’on dit «Québécois», faut aussi inclure mon voisin Achmed Amabad-Landry.

De plus, et là on devrait commencer à comprendre pourquoi cette chronique se retrouve sur un blog à propos de l’histoire, il faudrait s’informer sur les origines et l’évolution du mot «Canada/Canadien».

En premier, c’est Jacques Cartier qui a entendu le mot «Canada» (voulant dire «petits villages» ou «groupe d’habitations») utilisé par les Iroquois et les Hurons dans la vallée du fleuve Saint-Laurent. Il a alors nommé toute cette région «Canada» et le fleuve Saint-Laurent «Rivière du Canada». Il est bien connu que les Français ont concentré leurs efforts sur l’exploration (fourrure) et les relations avec les Autochtones, leur procurant un territoire immense. Donc, bien qu’à l’origine, le mot «Canada» devait se limiter à la région du Saint-Laurent, les explorateurs ont étiré son utilisation jusqu’à ce que le Canada devienne pas mal huge.

Territoire de la Nouvelle-France (en blanc), et donc du «Canada», en 1750. Dommage que la population totale était égale à la population actuelle de Baie-Comeau. Beau planning les boys. Que voulez-vous, on servait juste à faire des chapeaux de fourrure et Voltaire surnommait le pays «quelques arpents de neige».

Mais le fait demeure; le Canada, c’était la Nouvelle-France. Vos ancêtres de la deuxième génération d’immigrants s’identifiaient probablement comme des Canadiens, et ce n’est pas étonnant que seulement deux siècles après cette époque, en 1944 lors du débarquement en Normandie, les habitants Français de Saint-Urbain-sur-Mer aient accueilli vos grands-pères en les appelant «Canadiens» (et en faisant de piètres imitations de leurs accents, sérieusement, il n’y a rien de plus pathétique qu’un Français n’ayant jamais quitté la France et tentant d’imiter un Québécois). Pour eux, vos grands-pères étaient probablement plus Canadiens que les Canadiens «britanniques», toujours loyaux à leur reine.

En 1763, après la victoire des Britanniques, le Canada fut séparé en Haut-Canada et Bas-Canada, les Britanniques commencèrent tranquillement à utiliser le mot Canadiens pour se désigner eux-mêmes.

Finalement, revenons aux Canadiens de Montréal. Lorsque l’équipe a été fondée il y a seulement 100 ans en 1909, l’objectif clair et avoué était de créer une équipe possédée et gérée par des francophones, dont les joueurs étaient tous francophones… Et ils ont choisi le nom Canadiens de Montréal parce que vos aïeux, c’était eux les vrais Canayens! Après tout, le Dominion of Canada n’existait que depuis à peine 40-50 ans (1867), et les anglophones étaient plus près de leurs origines britanniques que nous l’étions de nos origines françaises (c’est peut-être toujours le cas).

Donc si le Québec se sépare, le Canadien peut tout à fait garder son nom.

Donc, quand un Français vous demande si vous êtes «Canadien», ayez la patience de lui expliquer l’importance du mot «Québécois» pour vous AVANT de lui faire une descente du coude. Il n’était pas tant dans le champ que ça, mais il mérite probablement une descente du coude pour une autre raison anyway.

Une bonne méthode de résolution de conflits

Donc si vous êtes vraiment souverainistes, suivez un cours d’histoire et fermez-la quand on vous appelle « Québécois d’origine canadienne-française », parce que c’est la seule façon d’accepter les gens des autres origines dans notre nation et d’arrêter d’avoir l’air d’être racistes.

In… your… face!